Point lecture : Le prieuré de l'oranger partie 1 et 2

 


Autrice : Samantha Shannon
Traduction : Benjamin Kuntzer et Jean-Baptiste Bernett
Année de parution : 2019
Éditions : Editions De Saxus / J'ai lu
Tome 1 et 2



"Hallelujah j’ai enfin terminé cette lecture" c’est hélas la sensation que me laisse cette duologie. Pourtant, ce n'est pas un mauvais livre, peut-être est-ce le signe que mon cerveau se ramolli et devient moins endurant pour des histoires plus "conséquentes" ?


Le prieuré de l’oranger est connu dans l’univers livresque comme étant très qualitatif, et en plus de ça, il a le mérite d'être queer. Étant moi même concernée, ça fait plaisir d'être représentée. Et pourtant... je sors de ma lecture en me disant que c'était long, pas en me disant que j'ai aimé.


J’avais déjà eu du mal à lire le premier tome. Il y a un langage spécifique à l’univers et quand on lit fatiguée (chose que je fais tout le temps parce que je suis toujours fatiguée) et bien ça peut vite engendrer des froncement de sourcils et des relectures de paragraphes en marmonnant “hein c’est quoi déjà la Seiiki” (au début) ; “heu merde c’est un nom de lieu où de personne ?” “C’est quoi ce prénom hyper chelou” “c’est qui elle déjà ?”. Bref vous voyez l'idée. Dès le début donc j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire.


Par la suite j’ai eu des hauts et des bas, certains passages m’intriguaient plus que d’autres. Des moments m’ont parus trop longs, par exemple, dans le tome 2 le passage où Ead va voir Kalyba (qui est tout le temps à poil d'ailleurs) m'a donné l'impression d'avoir un dialogue interminable ; et d’autres trop courts : ils sauvent Sabran au début du tome 2 en un claquement de doigts, Tané à la fin retrouve Ead super vite alors qu’elle n'a pas son dragon... On éclipse des moments qui auraient pu apporter de l’action. Il y avait matière à mettre du suspens mais globalement je trouvais que le tout était assez plat. Les moments où ils sont en danger sont vite résolus, on ne craint jamais vraiment pour eux. Tout se déroule comme sur des roulettes et ils terrassent le Sans-Nom presque trop facilement.


Ceci étant dit, je pense que je ne suis peut-être pas le meilleur lectorat pour de la fantasy. J’en lis peu, et le peu que j’ai lu reprenait des codes plus familiers rendant ma lecture plus évidente même en étant fatiguée. Il y avait toujours un petit truc addictif aussi dans ceux que j’ai lu qui pimentait l’action. Un personnage en danger dont on craint la survie, un personnage en demie teinte, dont on ne sait pas trop s’il est bon ou mauvais, une romance interdite (il y en a une entre Sabran et Ead mais elle ne provoque aucune grande émulsion sur le scénario), bref un petit quelque chose en plus.

Je me refuse à remettre en question le travail de cette autrice qui est absolument titanesque. L'univers qu'elle a créé est infiniment complexe et de qualité. Le problème vient plutôt du fait que je suis une lectrice paresseuse qui va préféré l'action, l'addictif, ainsi que les complexités psychologiques des personnages plutôt que celles d'un monde magique. Ce livre représente ainsi l'inverse de ce qui m'est plaisant à lire. Mais c'est également pour faire honneur à cette œuvre que je me suis engagée à la lire jusqu'au bout sans abandonner. C'était pour moi un marathon que je recommencerais pas, un marathon avec de beaux paysages.


En conclusion, ce n' est pas un coup de cœur ni un livre mauvais. C’est un livre qualitatif qui ne m’a pas touché. Ma note personnelle tient compte de ça.



Ma note sur Livraddict : 14/20 

Lisa-Lou






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